L’association Les Filles de la Photo vient de dévoiler les noms des cinq lauréates de cette troisième édition du Mentorat qui bénéficieront d’un suivi avec deux professionnelles du secteur de la photographie pour une durée de quinze mois. Une restitution du projet suivi sera organisée en novembre 2025 à l’occasion de PhotoSaintGermain, manifestation partenaire du mentorat. Picto Foundation renouvelle également son soutien pour cette édition 2024 et Elisabeth Hering, responsable clientèle chez PICTO, est marraine de cette édition.
À l’issue de l’appel à projet lancé au début de l’été dernier, le jury composé de 10 marraines, membres des Filles de la Photo, a sélectionné 5 photographes parmi les 298 candidatures reçues. Le jury a été particulièrement attentif à la qualité et la pertinence du projet en cours proposé, mais aussi aux besoins d’accompagnement de l’artiste.
Les 5 finalistes accompagnées par leur binôme de marraines sont :
SOUM EVELINE BONKOUNGOU

”Mes Frères et soeurs”
Ce projet explore la notion de fraternité et de communauté au-delà des liens familiaux traditionnels. Soum Eveline Bonkoungou retrace les histoires de ses frères et soeurs de coeur et de culture du Burkina Faso, qu’elle retrouve en France. Elle raconte leurs parcours, leurs histoires et la relation de proximité qu’ils partagent ensemble. À travers des portraits, des récits et des enregistrements sonores, l’artiste met en lumière les expériences de ces individus qui, comme elle, ont quitté le Burkina Faso pour s’installer en France. Elle se construit à travers des expériences partagées, des cultures communes et une solidarité qui transcende les frontières. En documentant ces histoires et en capturant leurs voix, Soum Eveline Bonkoungou offre une nouvelle vision de la diaspora burkinabè en France.
Marraines : Marie Dathanat – Acheteuse d’art et agent d’artistes
Anne Degroux – Directrice adjointe / Les femmes s’exposent
CLAIRE DELFINO

“Archipel du soin”
Parent pauvre de la médecine, la pédopsychiatrie demeure une réalité ignorée. l’OMS préconise le soin ambulatoire, avec des structures d’accueil qui accompagnent l’enfant dans son environnement. Ainsi le soin évolue profondément en se déplaçant de l’asile vers la cité. Lauréate en 2022 de la grande commande photographique de la BNF, Claire Delfino a documenté pendant 6 mois le soin psychique au sein d’une unité fermée, où les adolescents étaient hospitalisés. Dans la continuitéde ce travail, elle propose de documenter le soin psychique hors les murs : comment le soin psychique s’inscrit-il dans la cité? Elle propose de documenter ces pratiques thérapeutiques ambulatoires àdestination des mineurs dans 5 villes des Hauts-de-Seine.
Marraines : Magdalena Herrera – Directrice artistique
Christine Leblond – Client partner / Bonjour Paris
SAFIA DELTA

“LA RÉPLIQUE”
1983. Safia Delta naît dans une France dont le paysage politique est marqué par une percée historique du Front National où la communauté maghrébine devient particulièrement visible en raison d’une vague de mouvements sociaux. L’immigration occupera le coeur des débats pour ne plus les quitter. Référence au concept freudien de retour du refoulé, le titre de ce travail convoque les feux d’une colère qui consume en silence des corps entiers. Il est temps de réveiller la terre et ses entrailles, de la faire trembler, de convoquer les âmes lointaines et les vivantes pour un hommage anthume, avant qu’elles ne soient avalées dans la plus profonde éternité. Porteuse du conflit, Safia Delta fait coexister des espaces de dialogue dissonants, et reconstitue un espace collectif hanté dans ses chairs pour le réparer, l’apaiser, traverser les murs des mémoires et tracer un horizon neuf.
Marraines : Selma Bella Zarhloul – Galeriste
Feriel Simon – Acheteuse d’art / TBWA
HÉLÈNE JAYET

“Colored Only – Chin Up !”
S’intéresser au cheveu noir peut paraître anecdotique. Mais en réalité, cela permet d’évoquer l’histoire, la mémoire, les questions identitaires et politiques car la coiffure est la traduction formelle d’une identité. Les cheveux sont ici un vecteur pour débattre des questions liées à l’identité et aux origines. Le projet Colored Only – Chin Up ! est né d’une volonté de créer des images thérapeutiques. “Colored Only” (réservé aux personnes de couleurs) symbolise le dispositif de séparation des personnes selon des critères raciaux, qui avait cours dans les pays ségrégationnistes. “Chin Up !” est l’unique consigne que je donne pendant la prise de vue. “Chin Up” se traduit littéralement par “lève le menton”, mais peut aussi signifier “tête haute”, “tenir tête” ou “résiste !”. Cela invite à redessiner notre place dans la société.
Marraines : Emmanuelle Halkin – Commissaire d’exposition et éditrice indépendante
Pascale Obolo – Commissaire d’exposition indépendante, directrice de l’African Art Book Fair, AFRIKADAA
LYDIA SAIDI

“Les autres filles du raï”
Depuis sa naissance, le raï a toujours inclus les femmes dans ses rangs. Et comme leurs collègues hommes, celles-ci subissaient, souvent plus intensément, la réputation sulfureuse qui accompagnait ce genre musical. De cela était née une pratique assez particulière : pour ne pas montrer leur visage, les chanteuses publiaient des disques sur lesquels elle imprimaient des photos de mannequins occidentales, récupérées dans des magazines. Interrogée par une amie sur ses anciens disques aux visages empruntés. Aujourd’hui, elles sont nombreuses et ont souvent des parcours de vie compliqués, parfois venues par voie d’immigration illégale. Elles continuent d’être à la fois très écoutées et très mal vues par la société algérienne traditionnelle…
Marraines : Elisabeth Hering – Responsable de clientèle / Picto
Ioana Mello – Curatrice indépendante
En savoir plus : http://www.lesfillesdelaphoto.com/portfolio/lementorat/